dimanche 7 février 2010

Le stress indu des cafés


Dimanche matin, plus de café! C’est un oubli ridicule pour moi qui y pense toujours. Il a beau être neuf heures du mat, j’ai beau ne pas être rasé ou lavé, j’enfile une paire de jeans, une chemise pas trop dégueu et décide d’aller lire mon journal au café du coin.

Je n’y vais pas souvent parce que mon café est meilleur, plus abordable et surtout : il n’est pas facile de ne pas être tenté de draguer.

C’est un fait sous-estimé : les cafés sont des repaires de femmes intelligentes et distinguées.

Le café du coin ne fait pas exception.

Je suis donc arrivé mon journal sous le bras, me suis installé devant la vitrine, afin de ne pas regarder vers l’intérieur et ai fait signe à la serveuse. Première erreur, je lui ai regardé les fesses après qu’elle ait pris ma commande. Regardé avec insistance. Une femme m’a vu et est partie à rire. Je lui ai souri d’une moue embêtée et suis retourné à mes badauds qui passaient sur le trottoir. Je n’ai même pas pris la peine de me retourner lorsque la serveuse est revenue, je l’ai remerciée sans croiser son regard.

J’en oubliais mon journal, qui pourtant m’offrait la possibilité d’une belle évasion. J’y ai plongé tête baissée.

Une minute plus tard, peut-être deux, pas beaucoup plus, la femme qui m’avait vu regarder les fesses de la serveuse est venue s’asseoir sur la chaise à côté de moi, à ma table. « Allez vous regarder les miennes? » qu’elle m’a demandé, le plus sérieusement du monde. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser que j’avais la berlue et lui ai demandé pardon. « J’ai trouvé drôle que vous ne vous cachiez pas davantage pour assouvir votre imagination, je tenais à vous le dire ». Et c’était tout. Elle s’est relevé et lentement, très lentement est retournée à sa place.

J’ai trouvé qu’elle dandinait exagérément ses fesses.

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